Histoires des quartiers de Salvador: Curuzu

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La rue qui a fait l’histoire de la population noire de Salvador est devenue un quartier

Patrimoine culturel de Salvador, quartier où est né Ilê Aiyê est aujourd’hui reconnu dans le monde entier

Campanha do filme Follow the Music. Edilene Alves, Deusa do Ébano (2009), do Bloco Afro Ilê Aiyê. Foto_ Tércio Campelo_Heat Creative.jpg

Chanté en vers et en prose, le quartier de Curuzu est l’une des perles identitaires des Sotéropolitains. Plus qu’un quartier, il est le reflet de la construction de l’autonomisation de la population noire dans la capitale bahianaise ces dernières décennies. La présence du siège du bloco afro Ilê Aiyê, au 228 de la Rua do Curuzu, a attiré l’attention internationale sur le quartier, qui a la célèbre « Ladeira do Curuzu » (celle de la chanson «O Mais Belo dos Belos») comme marque de fabrique.

Pendant de nombreuses années, elle était connue comme une simple rue du quartier Liberdade, mais depuis 2017, elle est inscrite sur la liste des quartiers officiels de Salvador pour sa force et sa représentativité. La présence du premier bloco afro du Brésil dans la rue, a consolidé les environs avec des développements axés sur la culture afro.

La rue d’une extension de 1,1 km a récemment été rénovée et ce à partir de l’Avenida General San Martin jusqu’à l’Estrada da Liberdade. Le remodelage urbain a été effectué et le quartier a pris les couleurs jaune et rouge – les mêmes que la façade du Senzala do Barro Preto arbore. Ce sont aussi les couleurs du siège du bloco, qui a rendu la rue si célèbre, et qui est le fantasme de l’assemblée carnavalesque, né en 1975.

Mais Curuzu va bien au-delà de l’esprit du bloco. En plus du patrimoine culturel, il préserve également deux des plus importants temples de candomblés du Brésil. Le « Terreiro Hunkpame Savalu Vodun Zo Kwe », qui a été le premier à être inscrit sur la liste de la loi sur la préservation du patrimoine culturel de la municipalité de Salvador. Le Vodun Zô est le seul de la nation « Jeje Savalu » qui maintient les rites originaux de la lignée, ainsi que le dialecte africain « Ewe-Fon » préservé dans les expressions et les chants de la communauté.

Découvrez Curuzu, la rue qui a marqué l’histoire de la population noire de Salvador et qui est devenue un quartier à part entière.

C’est un très beau quartier

 

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Si vous souhaitez visiter Salvador ou êtes déjà résident de la ville, vous devez, au moins une fois dans votre vie, participer à la « Nuit de la beauté noire » du bloco Ilê Aiyê, à Senzala do Barro Preto, au siège du bloco dans le quartier de Curuzu. Depuis 1975, à la veille du carnaval, la communauté se réunit pour choisir la déesse de l’ébène – la femme qui représentera le bloco lors des défilés du carnaval et tout au long de l’année á venir.

C’est une des plus belles soirée de l’année. Ce n’est pas un concours de beauté au sens classique du terme. C’est bien plus que ça. C’est le moment de célébrer les racines africaines ancestrales de notre peuple, une invitation à réfléchir sur la formation de notre identité et une révérence pour les femmes noires.

La beauté noire est célébrée avec la présence de jeunes femmes noires qui se transforment en déesses lors de cette traditionnelle soirée. Le siège du bloco est à chaque fois plein à craquer de spectateurs, et il y a des présentations et la présence illustre d’artistes célèbres tels que Gilberto Gil et Daniela Mercury. Chaque année, environ 20 finalistes se disputent le titre, qui compte chaque année plus de 200 candidatures de différentes villes de Bahia et même de l’étranger.

Un jour spécial

Le samedi du carnaval est l’un des moments les plus spéciaux de l’année dans le quartier de Curuzu. C’est le jour où la traditionnelle «Sortie du Ilê» a lieu au siège du bloco Ilê Aiyê pour défiler sur le circuit officiel de Campo Grande. Le moment rassemble des artistes, des politiques, des touristes et la communauté de Curuzu, qui est aux fenêtres de la maison pour voir « Ilê passer » dans la rue du quartier.

Pour se faire une idée de la visibilité de cette nuit-là, de grandes stars mondiales ont déjà participé, comme la top model anglaise Naomi Campbell. Les membres du bloco carnavalesque – exclusif pour les personnes de couleurs – considèrent cette soirée du samedi soir comme la plus spéciale du carnaval.

Avant le départ du groupe de musique « Aiyê » du quartier général du bloco, est réalisé un acte religieux commandé par le Terreiro Ilê Axé Jitolu, qui demande aux orixás de guider le passage du bloco dans les festivités. C’est en ce jour qu’à lieu le grand défilé de la Déesse de l’Ébène sur le devant de la scène du bloco, accompagnée de deux princesses de l’association qui régneront pendant les festivités. Mais avant cela, elles se présenteront au quartier et demanderont les bénédictions des ancêtres. Le bloco a été fondé en 1975 et a ouvert les portes à d’autres quartiers de Salvador pour créer d’autres blocos de carnaval exclusifs aux personnes de couleur.

Patrimoine religieux

Deux temples du candomblé aident à écrire l’histoire de Curuzu. Fondé en 1952, « Ilê Axé Jitolu » a été commandé jusqu’en 2009 par Mãe Hilda dos Santos, Mãe Hilda de Jitolu. Mãe Hilda aura été jusqu’à sa mort, le chef spirituel du bloco Ilê Aiyê. Elle est née parmi les fils et filles des Saints de son temple. Son fils, Antônio Carlos do Santos, Vovô do Ilê, est l’actuel président du bloco.

Le terreiro (temple), qui appartient à la nation Jeje – Nagô , est dirigé par Mãe Hildelice Benta dos Santos, fille biologique de Mãe Hilda. Tous les ans en janvier, une grande fête est organisée au temple en l’honneur d’Oxalá. Une autre période importante de l’année pour le terreiro est la fête d’Obaluaê qui a lieu en août, en l’honneur du saint patron du terreiro.

Le temple « Hunkpame Savalu Vodun Zo Kwe », également situé dans le quartier de Curuzu, est, selon l’Association brésilienne pour la préservation de la culture afro-amérindienne (AFA), le seul de la nation « Jêje Savalu » qui conserve les rites originaux de la lignée, ainsi que le Dialecte africain Ewe-Fon, préservé dans les expressions et les chants de la communauté.

Il a été le premier temple du candomblé à être inscrit sur la liste de la loi sur la préservation du patrimoine culturel de la municipalité de Salvador (8.550/2014), en 2016. Le terreiro, régi par Xangô, occupe une superficie de 2 400 m², ce qui représente le plus grand espace vert de Curuzu. Dans le terreiro, il y a une photographie prise par le photographe français Pierre Verger (1902 – 1996) qui a été donnée au terreiro en 2014. C’est la photographie nommée Elégùn de Oxumaré réalisée à Savé, en Afrique.

Ilê Aiyê - Foto - Divulgação - Salvador Bahia

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Localisation
R. do Curuzu, 228 - Curuzu, Salvador - BA, 40366-110

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